Du 6 septembre au 7 septembre 1881.
Partie de campagne à Coladoun. —  [minars djonbouns ] Les minarets tremblants *. — Puits d’arrosage. — Culture autour d’Ispahan : tabac,coton. — Amendements donnés aux terres. — Les voitures en Perse.
* Les minarets tremblants. Marcel [Dieulafoy] fait l’expert.
Qui ne connaît en Perse, au moins de réputation, les minars djonbouns (minarets tremblants) ? […]De chaque côté de la baie s’élèvent les minarets; un gardien monte au sommet de l’un d’eux et imprime de ses mains de violentes secousses à la muraille. Sous ses efforts réitérés la tour oscille sur elle-même et transmet son mouvement à sa voisine. Quand l’action extérieure cesse, la construction reprend peu à peu son équilibre.
En présence de ce phénomène vraiment étrange, les musulmans ont crié au miracle et prétendu que le saint personnage enseveli dans le tombeau s’agitait et mettait l’édifice en mouvement ; les philosophes persans ont fait ouvrir le sarcophage et se sont assurés de visu de l’immobilité du mort. Le cas devenant très grave, les savants européens s’en sont mêlés et ont déclaré que les tours étaient construites à l’extrémité d’une pièce de bois horizontale posée en équilibre sur l’extrados de la voûte. L’explication n’est guère plausible, car en ce cas le mouvement d’oscillation se compliquerait d’un mouvement de translation de haut en bas. Il n’est pas d’ailleurs de pièce de bois assez solide pour supporter sans se rompre un poids aussi considérable que celui des minarets.
 En reconnaissant au premier coup d’oeil l’âge d’une mosquée ou d’un monument, Marcel s’est fait depuis notre entrée en Perse une réputation d’oracle : nous ne sommes pas passés dans une grande ville, nous n’avons pas assisté à une seule réception, sans qu’on lui ait demandé d’expliquer les mouvements des minars djonboims. Il a refusé de se prononcer avant d’avoir vu ces édifices, mais aujourd’hui il peut faire connaître librement sa pensée, car, si la classe pauvre et surtout les femmes persanes croient aux miracles, les gens instruits, à part leur confiance dans l’astrologie judiciaire, se montrent fort incrédules.
 Après avoir examiné avec soin le monument, Marcel constate que les deux tours, d’ailleurs fort légères, sont raidies par une pièce de bois noyée dans le giron de l’escalier. Chaque minaret, étant planté sur une sorte de crapaudine, peut décrire des oscillations de très faible amplitude autour de son axe vertical. Ces oscillations, perceptibles seulement au sommet, déterminent une série de chocs sur le tympan MN de la voussure, chocs qui se répercutent sur la tour B. Sous cette influence, le minaret B entre lui-même en mouvement, tandis que les maçonneries du tympan restent immobiles ; c’est, on le voit, l’application fortuite d’un théorème de mécanique élémentaire. L’amplitude des oscillations répercutées est d’ailleurs beaucoup plus faible que celles décrites par la tour A, sur laquelle on agit directement. Un fait nouveau tendrait à prouver l’exactitude de ce raisonnement : une personne placée en D, à la base de l’arcature, reçoit dans le dos, pendant toute la durée de l’expérience, des chocs semblables à ceux qu’elle percevrait si l’on ébranlait à coups de bélier la paroi extérieure. de la muraille. Ce phénomène ne se produirait pas si, au lieu d’osciller autour de leur axe, les tours étaient soumises à un mouvement de translation verticale.
Dans ce dernier cas il n’y aurait pas seulement des fissures en M et en N, mais des lézardes horizontales, divisant en deux tronçons le fût cylindrique des minarets. Or il est facile de vérifier que leur maçonnerie n’est interrompue en aucun point.
chapitre 15 
Découvrez l’expo en ligne sur les sociétés de Géographie à la Bibliothèque de Toulouse

Du 6 septembre au 7 septembre 1881.

Partie de campagne à Coladoun. —  [minars djonbouns ] Les minarets tremblants *. — Puits d’arrosage. — Culture autour d’Ispahan : tabac,coton. — Amendements donnés aux terres. — Les voitures en Perse.

* Les minarets tremblants. Marcel [Dieulafoy] fait l’expert.

Qui ne connaît en Perse, au moins de réputation, les minars djonbouns (minarets tremblants) ? […]De chaque côté de la baie s’élèvent les minarets; un gardien monte au sommet de l’un d’eux et imprime de ses mains de violentes secousses à la muraille. Sous ses efforts réitérés la tour oscille sur elle-même et transmet son mouvement à sa voisine. Quand l’action extérieure cesse, la construction reprend peu à peu son équilibre.

En présence de ce phénomène vraiment étrange, les musulmans ont crié au miracle et prétendu que le saint personnage enseveli dans le tombeau s’agitait et mettait l’édifice en mouvement ; les philosophes persans ont fait ouvrir le sarcophage et se sont assurés de visu de l’immobilité du mort. Le cas devenant très grave, les savants européens s’en sont mêlés et ont déclaré que les tours étaient construites à l’extrémité d’une pièce de bois horizontale posée en équilibre sur l’extrados de la voûte. L’explication n’est guère plausible, car en ce cas le mouvement d’oscillation se compliquerait d’un mouvement de translation de haut en bas. Il n’est pas d’ailleurs de pièce de bois assez solide pour supporter sans se rompre un poids aussi considérable que celui des minarets.

 En reconnaissant au premier coup d’oeil l’âge d’une mosquée ou d’un monument, Marcel s’est fait depuis notre entrée en Perse une réputation d’oracle : nous ne sommes pas passés dans une grande ville, nous n’avons pas assisté à une seule réception, sans qu’on lui ait demandé d’expliquer les mouvements des minars djonboims. Il a refusé de se prononcer avant d’avoir vu ces édifices, mais aujourd’hui il peut faire connaître librement sa pensée, car, si la classe pauvre et surtout les femmes persanes croient aux miracles, les gens instruits, à part leur confiance dans l’astrologie judiciaire, se montrent fort incrédules.

 Après avoir examiné avec soin le monument, Marcel constate que les deux tours, d’ailleurs fort légères, sont raidies par une pièce de bois noyée dans le giron de l’escalier. Chaque minaret, étant planté sur une sorte de crapaudine, peut décrire des oscillations de très faible amplitude autour de son axe vertical. Ces oscillations, perceptibles seulement au sommet, déterminent une série de chocs sur le tympan MN de la voussure, chocs qui se répercutent sur la tour B. Sous cette influence, le minaret B entre lui-même en mouvement, tandis que les maçonneries du tympan restent immobiles ; c’est, on le voit, l’application fortuite d’un théorème de mécanique élémentaire. L’amplitude des oscillations répercutées est d’ailleurs beaucoup plus faible que celles décrites par la tour A, sur laquelle on agit directement. Un fait nouveau tendrait à prouver l’exactitude de ce raisonnement : une personne placée en D, à la base de l’arcature, reçoit dans le dos, pendant toute la durée de l’expérience, des chocs semblables à ceux qu’elle percevrait si l’on ébranlait à coups de bélier la paroi extérieure. de la muraille. Ce phénomène ne se produirait pas si, au lieu d’osciller autour de leur axe, les tours étaient soumises à un mouvement de translation verticale.

Dans ce dernier cas il n’y aurait pas seulement des fissures en M et en N, mais des lézardes horizontales, divisant en deux tronçons le fût cylindrique des minarets. Or il est facile de vérifier que leur maçonnerie n’est interrompue en aucun point.

chapitre 15 

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Du  6 août au 15 août 1881
Phénomène électrique dans le désert de Koum. — Arrivée à Nasrabad. — Les caravansérails. — Kachan. — Le caravansérail Neuf. — Le bazar. — Minaret penché. —Aspect de la ville. — L’entrée de la masdjed djouma. — Visite du gouverneur. — Les mariages temporaires. — La mosquée Meïdan. — Le mihrab à reflets. — Les dames persanes. — Le palais de Bag-i-Fin. — Mirza Taguy khan. — Sa mort. — Départ de Kachan. — les poissons sacrés*. -La montagne de Korout.
* les poissons sacrés “… Je cherche en vain le lien mystérieux qui peut unir des carpes à la peau tannée d’un vieux général persan. Seul le prince Zellè sultan, en véritable sceptique, s’est hasardé à faire frire les poissons sacrés ; par privilège spécial il a échappé à la mort, mais le sort de l’un de ses serviteurs coupable d’avoir goûté, lui aussi, aux débris de ce régal, a été moins heureux. Ce pauvre garçon fut trouvé mort, la tête trouée d’une balle, une heure après son repas. Désarmés en face du chahzaddè, les moflahs avaient fait assassiner son domestique, car les musulmans fanatiques n’hésitent jamais à commettre un crime quand il s’agit de réveiller la foi endormie des fidèles. ” Les poissons se sont vengés eux-mêmes “, répéta-t-on dans le pays. (Autant valait dire qu’un de ces animaux avait maintenu le fusil avec ses nageoires et avait tiré le coup.) Quoi qu’il en soit, nul ne trouva surnaturelle cette histoire à dormir debout, et l’affaire n’eut pas de suite.

Chapitre 11

Du  6 août au 15 août 1881

Phénomène électrique dans le désert de Koum. — Arrivée à Nasrabad. — Les caravansérails. — Kachan. — Le caravansérail Neuf. — Le bazar. — Minaret penché. —Aspect de la ville. — L’entrée de la masdjed djouma. — Visite du gouverneur. — Les mariages temporaires. — La mosquée Meïdan. — Le mihrab à reflets. — Les dames persanes. — Le palais de Bag-i-Fin. — Mirza Taguy khan. — Sa mort. — Départ de Kachan. — les poissons sacrés*. -La montagne de Korout.

* les poissons sacrés “… Je cherche en vain le lien mystérieux qui peut unir des carpes à la peau tannée d’un vieux général persan. Seul le prince Zellè sultan, en véritable sceptique, s’est hasardé à faire frire les poissons sacrés ; par privilège spécial il a échappé à la mort, mais le sort de l’un de ses serviteurs coupable d’avoir goûté, lui aussi, aux débris de ce régal, a été moins heureux. Ce pauvre garçon fut trouvé mort, la tête trouée d’une balle, une heure après son repas. Désarmés en face du chahzaddè, les moflahs avaient fait assassiner son domestique, car les musulmans fanatiques n’hésitent jamais à commettre un crime quand il s’agit de réveiller la foi endormie des fidèles. ” Les poissons se sont vengés eux-mêmes “, répéta-t-on dans le pays. (Autant valait dire qu’un de ces animaux avait maintenu le fusil avec ses nageoires et avait tiré le coup.) Quoi qu’il en soit, nul ne trouva surnaturelle cette histoire à dormir debout, et l’affaire n’eut pas de suite.

Chapitre 11

du 26 juillet au 5 août 1881
La digue de Saveh. — Les tarentules. — Les fonctionnaires persans. — Entrée à Avah. — Visite à une dame persane. - Voyage dans le désert. — Arrivée à Koum. — Panorama de la ville. ~ Plan d’un andéroun. — Le gouverneur de la ville. Tombeau de Fatma. — Tombeaux des cheikhs. — Concert de rossignols *.
Les rossignols En l’honneur de notre dernière visite, le prince a organisé une ravissante fête de nuit. Au milieu d’un jardin brillamment éclairé s’ébat un troupeau de gazelles apprivoisées, tandis qu’une cage enveloppée d’un voile noir est suspendue aux branches d’un arbre. Un serviteur la découvre, le rossignol qu’elle renferme se réveille : ébloui par la vive clarté des lumières, et croyant retrouver dans l’éclat des lumières la pâle image du soleil, il lance son trille le plus joyeux. L’oiseau chante ainsi jusqu’à ce qu’il ait compris son erreur, puis s’arrête brusquement et reste muet ; dès qu’il manifeste de l’hésitation, on apporte une autre cage et on la démasque au moment où le premier artiste donne ses dernières notes.
Lisez le chapitre 10

du 26 juillet au 5 août 1881

La digue de Saveh. — Les tarentules. — Les fonctionnaires persans. — Entrée à Avah. — Visite à une dame persane. - Voyage dans le désert. — Arrivée à Koum. — Panorama de la ville. ~ Plan d’un andéroun. — Le gouverneur de la ville. Tombeau de Fatma. — Tombeaux des cheikhs. — Concert de rossignols *.

Les rossignols En l’honneur de notre dernière visite, le prince a organisé une ravissante fête de nuit. Au milieu d’un jardin brillamment éclairé s’ébat un troupeau de gazelles apprivoisées, tandis qu’une cage enveloppée d’un voile noir est suspendue aux branches d’un arbre. Un serviteur la découvre, le rossignol qu’elle renferme se réveille : ébloui par la vive clarté des lumières, et croyant retrouver dans l’éclat des lumières la pâle image du soleil, il lance son trille le plus joyeux. L’oiseau chante ainsi jusqu’à ce qu’il ait compris son erreur, puis s’arrête brusquement et reste muet ; dès qu’il manifeste de l’hésitation, on apporte une autre cage et on la démasque au moment où le premier artiste donne ses dernières notes.

Lisez le chapitre 10

du 7 juin au 15 juillet 1881
Audience royale*. -— Les neveux du chah. — Départ pour Véramine. — Campagne de Véramine. — La masdjed djouma de Véramine. — Une kalè (forteresse) sassanide. — Citadelle de Véramine. — Le ketkhoda rendant la justice. — Imamzaddè Yaya. — Les reflets métalliques. — La décoration en faïence. — Facéties royales. —- Tour et mihrab mogols — Imamzaddè Jaffary. — Retour à Téhéran. — Le platane de Tadjrich. — Mirza Nizam de Gaffary.
* audience royale  
- Votre majesté me permet-elle de lui présenter Madame et Monsieur Dieulafoy, deux de mes compatriotes arrivés récemment à Téhéran et auxquels elle a bien voulu accorder une audience, a dit le docteur Tholozan
- Comment ! ce jeune garçon est une femme ? a répondu le roi en persan 
Lisez le chapitre 8 

du 7 juin au 15 juillet 1881

Audience royale*. -— Les neveux du chah. — Départ pour Véramine. — Campagne de Véramine. — La masdjed djouma de Véramine. — Une kalè (forteresse) sassanide. — Citadelle de Véramine. — Le ketkhoda rendant la justice. — Imamzaddè Yaya. — Les reflets métalliques. — La décoration en faïence. — Facéties royales. —- Tour et mihrab mogols — Imamzaddè Jaffary. — Retour à Téhéran. — Le platane de Tadjrich. — Mirza Nizam de Gaffary.

* audience royale  

- Votre majesté me permet-elle de lui présenter Madame et Monsieur Dieulafoy, deux de mes compatriotes arrivés récemment à Téhéran et auxquels elle a bien voulu accorder une audience, a dit le docteur Tholozan

- Comment ! ce jeune garçon est une femme ? a répondu le roi en persan 

Lisez le chapitre 8 


1er au 5 juin 1881 - Téhéran.
Le docteur Tholozan. - Les Soeurs de Saint-Vincent de Paul. - Palais du Negaristan. - Andéroun royal. - Portraits de Fattaly shah et de ses fils. - Audience royale. - [Chapeaux*]. - Nasr ed-din chah.
Marcel (Dieulafoy) est malade. Jane le soigne. Le 5 juin, l’audience devant le Shah peut enfin avoir lieu.
* Chapeaux Plusieurs serviteurs entrent en courant dans le salon et annoncent que le shah descend dans le jardin, où il va nous recevoir afin d’ôter à la présentation tout caractère officiel. Après avoir enfoncé solidement nos chapeaux sur nos têtes, dans la crainte de les enlever devant le souverain, ce qui serait de la dernière grossièreté, nous sortons.
Lisez le chapitre 7

1er au 5 juin 1881 - Téhéran.

Le docteur Tholozan. - Les Soeurs de Saint-Vincent de Paul. - Palais du Negaristan. - Andéroun royal. - Portraits de Fattaly shah et de ses fils. - Audience royale. - [Chapeaux*]. - Nasr ed-din chah.

Marcel (Dieulafoy) est malade. Jane le soigne. Le 5 juin, l’audience devant le Shah peut enfin avoir lieu.

* Chapeaux Plusieurs serviteurs entrent en courant dans le salon et annoncent que le shah descend dans le jardin, où il va nous recevoir afin d’ôter à la présentation tout caractère officiel. Après avoir enfoncé solidement nos chapeaux sur nos têtes, dans la crainte de les enlever devant le souverain, ce qui serait de la dernière grossièreté, nous sortons.

Lisez le chapitre 7

Du 8 au 13 mai  1881 
Une maison à Azimabad. — Effets de mirage. — Arrivée à Kazbin. — Abambar (réservoir). — Le chahzadclè de Kazbin. — Superstitions. — Masdjed djouma de Kazbin. — Mystères de Houssein. — [Un chemin de fer qui vaut de l’or] - Imamzaddè Houssein. — [mirage *] Départ de Kazbin. — Arrivée à Téhéran.
* Mirage  La carte est déployée ; elle ne comporte aucune indication de nature à nous éclairer. Cependant , plus on avance, plus les eaux paraissent s’étendre sur la droite. Une forêt d’abord inaperçue  s’élève derrière ce rempart aquatique : je pousse mon cheval mais le lac semble fuir devant moi ;  les arbres revêtent des formes qui paraissent se modifier suivant le caprice d’une imagination en délire ; pendant plus d’un quart d’heure cette illusion de mes sens persiste, et les miroitements des rayons brûlants du soleil sur les ondes tranquilles éblouissent mes yeux ; puis tout-à-coup lacs et forêts disparaissent comme sous l’influence d’une baguette magique.
C’était un mirage.
Chapitre 6 

Du 8 au 13 mai  1881 

Une maison à Azimabad. — Effets de mirage. — Arrivée à Kazbin. — Abambar (réservoir). — Le chahzadclè de Kazbin. — Superstitions. — Masdjed djouma de Kazbin. — Mystères de Houssein. — [Un chemin de fer qui vaut de l’or] - Imamzaddè Houssein. — [mirage *] Départ de Kazbin. — Arrivée à Téhéran.

* Mirage  La carte est déployée ; elle ne comporte aucune indication de nature à nous éclairer. Cependant , plus on avance, plus les eaux paraissent s’étendre sur la droite. Une forêt d’abord inaperçue  s’élève derrière ce rempart aquatique : je pousse mon cheval mais le lac semble fuir devant moi ;  les arbres revêtent des formes qui paraissent se modifier suivant le caprice d’une imagination en délire ; pendant plus d’un quart d’heure cette illusion de mes sens persiste, et les miroitements des rayons brûlants du soleil sur les ondes tranquilles éblouissent mes yeux ; puis tout-à-coup lacs et forêts disparaissent comme sous l’influence d’une baguette magique.

C’était un mirage.

Chapitre 6 


29 avril - 7 mai 1881
Arrivée à Zendjan. — Les Babys. — Le camp de Tébersy. — Révolte religieuse. — Siège de Zendjan. — Supplice des révoltés. — Une famille baby. — L’armée persane. — Sultanieh. — Tombeau de chah Khoda Bendeh. — Les tcharvadars. — Exercice illégal de la médecine.
"Nous sommes descendus à la maison de poste. Le gardien du tchaparkhanè, m’ayant proposé de sortir de la ville, me guide vers de superbes jardins situés sur les rives d’un cours d’eau  légèrement encaissé. Des arbres fruitiers en plein vent mélangent leurs fleurs de couleurs différentes et forment des tonnelles sous lesquelles le jour peut à peine pénétrer.  Aucun obstacle ne vient entraver le développement naturel des branches que n’ont jamais torturées des piquets ou des fils de fer. « C’est le paradis terrestre sans la pomme », me dit-il, en me montrant ses vergers, Mohamed Aga khan, un des babys les plus puissants de Zendjan. »
chapitre 5 

29 avril - 7 mai 1881

Arrivée à Zendjan. — Les Babys. — Le camp de Tébersy. — Révolte religieuse. — Siège de Zendjan. — Supplice des révoltés. — Une famille baby. — L’armée persane. — Sultanieh. — Tombeau de chah Khoda Bendeh. — Les tcharvadars. — Exercice illégal de la médecine.

"Nous sommes descendus à la maison de poste. Le gardien du tchaparkhanè, m’ayant proposé de sortir de la ville, me guide vers de superbes jardins situés sur les rives d’un cours d’eau  légèrement encaissé. Des arbres fruitiers en plein vent mélangent leurs fleurs de couleurs différentes et forment des tonnelles sous lesquelles le jour peut à peine pénétrer.  Aucun obstacle ne vient entraver le développement naturel des branches que n’ont jamais torturées des piquets ou des fils de fer. « C’est le paradis terrestre sans la pomme », me dit-il, en me montrant ses vergers, Mohamed Aga khan, un des babys les plus puissants de Zendjan. »

chapitre 5 

15 au 28 avril avril 1881
Visite aux consuls. — Histoire d’un consul turc. — La mosquée Bleue. — La citadelle. — Déplacement constant des villes d’Orient. — Les glacières. — La mort du mouchteïd de Tauris. — Les mollahs. — Excursion à la mosquée de Gazan Khan. — Visite du gouverneur de Tauris. — Visite à Farchevêque arménien. — Couvent d’Echmyazin. — Orfèvreries précieuses et manuscrits. — Notions de dessin d’une femme chaldéenne. — Le calendrier persan. — Départ de Tauris. — Une caravane de pèlerins se rendant à Mechhed, dans le Khorassan. — Un page féminin. — Mianeh — Légende du château de la Pucelle. — Dokhtarè-pol.
Déjà une longue histoire sépare Chiites et Sunnites : c’est l’affaire de la Mosquée bleue.
Les affaires “culturelles” occupent une partie de ce chapitre : on sent que la confrontation  des civilisations amène de nombreux commentaires
"Nous nous sommes rendus  aujourd’hui chez les rares Européens forcés par leur triste destinée d’habiter Tauris"
chapitre 4

15 au 28 avril avril 1881

Visite aux consuls. — Histoire d’un consul turc. — La mosquée Bleue. — La citadelle. — Déplacement constant des villes d’Orient. — Les glacières. — La mort du mouchteïd de Tauris. — Les mollahs. — Excursion à la mosquée de Gazan Khan. — Visite du gouverneur de Tauris. — Visite à Farchevêque arménien. — Couvent d’Echmyazin. — Orfèvreries précieuses et manuscrits. — Notions de dessin d’une femme chaldéenne. — Le calendrier persan. — Départ de Tauris. — Une caravane de pèlerins se rendant à Mechhed, dans le Khorassan. — Un page féminin. — Mianeh — Légende du château de la Pucelle. — Dokhtarè-pol.

Déjà une longue histoire sépare Chiites et Sunnites : c’est l’affaire de la Mosquée bleue.

Les affaires “culturelles” occupent une partie de ce chapitre : on sent que la confrontation  des civilisations amène de nombreux commentaires

"Nous nous sommes rendus  aujourd’hui chez les rares Européens forcés par leur triste destinée d’habiter Tauris"

chapitre 4

Avec la couverture de l’ouvrage publié chez Hachette en 1887, nous entamons le périple que Jane Dieulafoy et son mari Marcel ont réalisée en 1881. 
Ce qui sonnera des décennies plus  tard comme le plus célèbre prénom féminin associé aux aventures de l’homme de la  jungle est aujourd’hui porté par une femme d’une grande énergie, aux allures  volontairement masculines et dotée de projets époustouflants de voyages. La  passion du couple Jane et Marcel  Dieulafoy ? L’architecture, les voyages mais  surtout la Perse.   Pour leur dixième anniversaire de mariage, ils montent leur  expédition sans soutien officiel et partent pour plus de 14 mois. Le récit  détaillé (et non sans humour) de toutes leurs péripéties paraît en feuilleton  dans le Tour du Monde dès 1883. Jane tient la plume, Marcel explore sans relâche  la civilisation persane dont il soupçonne les apports au retour des croisades  (Marcel est un personnage à part entière )
C‘est ce récit que nous avons voulu  mettre à votre disposition. 
Pendant 42 épisodes, mettez vos pas  dans ceux de Jane et de son mari. Découvrez la recette du kebab, le derviche  à  la hache, la légende du château de la Pucelle, la préparation de l’opium,  les phénomènes électriques dans le désert ou encore le convoi de chats angora et  la longueur des jupes en Perse. Visitez la tour de Babel, le tombeau de Daniel ;  allez à la rencontre des Seljoucides, des Kadjars et des Guiznévides. Enfin  participez aux découvertes archéologiques qui constituent l’essentiel du  voyage.
Bonnes  lectures, à partir du 13 septembre

Avec la couverture de l’ouvrage publié chez Hachette en 1887, nous entamons le périple que Jane Dieulafoy et son mari Marcel ont réalisée en 1881. 

Ce qui sonnera des décennies plus tard comme le plus célèbre prénom féminin associé aux aventures de l’homme de la jungle est aujourd’hui porté par une femme d’une grande énergie, aux allures volontairement masculines et dotée de projets époustouflants de voyages. La passion du couple Jane et Marcel  Dieulafoy ? L’architecture, les voyages mais surtout la Perse.  Pour leur dixième anniversaire de mariage, ils montent leur expédition sans soutien officiel et partent pour plus de 14 mois. Le récit détaillé (et non sans humour) de toutes leurs péripéties paraît en feuilleton dans le Tour du Monde dès 1883. Jane tient la plume, Marcel explore sans relâche la civilisation persane dont il soupçonne les apports au retour des croisades (Marcel est un personnage à part entière )

C‘est ce récit que nous avons voulu mettre à votre disposition.

Pendant 42 épisodes, mettez vos pas dans ceux de Jane et de son mari. Découvrez la recette du kebab, le derviche  à la hache, la légende du château de la Pucelle, la préparation de l’opium, les phénomènes électriques dans le désert ou encore le convoi de chats angora et la longueur des jupes en Perse. Visitez la tour de Babel, le tombeau de Daniel ; allez à la rencontre des Seljoucides, des Kadjars et des Guiznévides. Enfin participez aux découvertes archéologiques qui constituent l’essentiel du voyage.

Bonnes lectures, à partir du 13 septembre